Beaucoup d'officines emploient un pharmacien adjoint à temps partiel : quelques jours par semaine, des samedis, un renfort pour les gardes. Ce choix d'organisation soulève souvent la même question chez le titulaire : un adjoint à temps partiel a-t-il les mêmes droits qu'un adjoint à temps plein en cas d'arrêt maladie ? La réponse courte : oui, c'est un cadre comme les autres.
Un cadre à part entière, quel que soit son temps de travail
Dans la convention collective de la pharmacie d'officine (IDCC 1996, c'est-à-dire l'identifiant de la convention), le pharmacien adjoint est classé cadre, au coefficient 400 et plus. Son statut ne dépend pas du nombre d'heures inscrites au contrat. Un adjoint qui travaille deux jours par semaine relève donc des mêmes règles que son collègue à temps plein : maintien de salaire, prévoyance cadres, garantie d'emploi pendant l'arrêt.
Ce qui change, c'est la base de calcul : les droits portent sur son salaire réel, donc sur un salaire à temps partiel.
Le maintien de salaire en cas d'arrêt
Pour les cadres, la convention prévoit, après 1 an d'ancienneté dans l'officine :
- le salaire net maintenu dès le 1er jour d'arrêt ;
- pendant 6 mois, plus 1 mois par tranche de 3 ans d'ancienneté au-delà des 3 premières années ;
- dans la limite de 12 mois.
L'officine maintient le salaire net que l'adjoint aurait perçu en travaillant, c'est-à-dire son salaire à temps partiel. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale et celles de la prévoyance viennent en déduction.
La prévoyance cadres
La prévoyance est le contrat qui verse des indemnités en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès. Pour un adjoint à temps partiel, elle compte autant que pour un temps plein.
- La cotisation minimale de 1,50 % : l'employeur doit consacrer au moins 1,50 % de la tranche A du salaire à la prévoyance du cadre, à sa seule charge. La tranche A correspond à la part du salaire jusqu'au plafond de la Sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026). Un adjoint à temps partiel qui gagne moins que ce plafond a tout son salaire en tranche A.
- Le risque en cas d'oubli : sans contrat, en cas de décès du cadre, l'officine doit elle-même trois plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 144 180 € en 2026. Ce montant ne dépend pas du temps de travail.
- Le régime de base de la branche indemnise l'arrêt à partir du 61e jour (52 % de la tranche A, 90 % de la tranche B). Des options existent pour être indemnisé plus tôt : dès le 51e jour (RSF) ou dès le 4e jour (RSF+).
Le guide de WealthWise Conseil sur l'obligation de prévoyance des cadres détaille cette règle des 1,50 %.
La garantie d'emploi pendant l'arrêt
Pendant un arrêt maladie, la convention protège l'emploi des cadres pendant 6 mois, quelle que soit leur ancienneté. Là encore, le temps partiel ne change rien.
Et la mutuelle ?
L'adjoint à temps partiel est affilié à la mutuelle de l'officine comme tout salarié. La cotisation est forfaitaire, la même quel que soit le salaire : 46,72 € par mois en 2026 hors Alsace-Moselle, dont 23,36 € à la charge du salarié. Elle augmentera chaque année jusqu'à 64,72 € en 2029.
Une dispense existe pour les temps partiels lorsque la part salariale atteint au moins 10 % du salaire, soit un salaire inférieur à 233,60 € par mois en 2026. Elle concerne donc des temps très réduits. Elle doit être demandée par écrit, justifiée et conservée. WealthWise Conseil fait le point sur les cas de dispense autorisés.
Ce que le titulaire doit vérifier
- le coefficient de l'adjoint sur le bulletin de paie (400 et plus) ;
- son affiliation au contrat de prévoyance cadres, avec le bon salaire déclaré ;
- le paramétrage du maintien de salaire des cadres dans le logiciel de paie ;
- la franchise du contrat de prévoyance, c'est-à-dire le jour où l'assureur commence à payer ;
- les éventuelles demandes de dispense de mutuelle, écrites et justifiées.
Toutes les règles propres à cette catégorie sont réunies sur notre page consacrée aux pharmaciens adjoints.